Comment voulez-vous que le monde aille mieux avec des gens comme ce pauvre type? Et il y en a des tonnes des gens comme lui, qui détruise le monde au lieu de le construire. Ça a de quoi dégouter. Dans cet élan du "le monde va mal", le PIB de la France est négatif ce deuxième trimestre. Et c'est de là que je pars pour essayer de comprendre mon état d'esprit de ces derniers mois. Car je suis dans cette même phase que le PIB, je suis en période négative. Autrement dit, je n'avance pas, je recule presque, entre remise en question permanente, stress constant alors que je suis quand même en vacances, faut le faire ! C'est avec l'arrivée du bac de français que tout a commencé à se détériorer en moi. J'ai bossé si dur pour y arriver, heureusement j'ai réussi mais à quel prix. Je revois mon père, signe que mon état n'était pas dans sa meilleure forme, me lancer un jour: "qu'est ce qui t'arrive, tu es toute bizarre depuis quelques temps?". Je vous jure que ça fait mal d'entendre un proche vous faire remarquer que vous n'allez pas bien. Car on veut toujours croire que c'est dans notre tête, que ça va passer. Avec l'arrivée de ce bac, les nuits blanches ont commencé à arriver, la fatigue avec. Mon problème est simple: Je n'arrive pas à éteindre mon cerveau quand il est temps qu'il s'arrête. Il ne connait pas le mot Stop, n'y même le mot Pause! Ça doit être dans les gênes, merci maman. Car je commence à avoir peur. Quand je vois l'état de santé de ma mère à cause de son stress en grande partie... Je ne veux pas vivre cela. Comme en signe extérieur à cette fatigue qui me ronge, cette année je me suis démise deux fois quelque chose et j'ai été aux urgences, heureusement pour une fausse alerte. Tout n'est peut-être que coïncidence, je veux le croire. Mais je ne sais pas. Quand à 17 ans, on est rendu à ne plus vouloir sortir de sa chambre quand on a du monde chez soi, ne serait-ce pour dire bonjour, c'est que ça cloche. Mais encore heureux, au bout de plusieurs minutes, je me force. Ma satisfaction du moment, c'est que j'ai fait un footing samedi matin, et je vais tacher d'en refaire un autre ce soir. Je me force, mais il faut que je le fasse. C'est pour mon bien, car je suis une quiche en sport. Dire la vérité. Bon, la motivation c'est que mon frère est obligé de courir pour son foot, donc j'en profite pour le suivre. Sinon je n'aurais pas le courage toute seule, peur de m'aventurer dans des coins pommés (je vous avez dit que j'étais peureuse?) En parlant de mon frère. Il est de cette génération qui tue les hommes avec son, que dis-je, ses armes. Sur un pc bien sûr. Mais le geste est le même. L'entendre crier contre un pauvre civil virtuel qui n'a rien demandé, et lui éclater la cervelle, car c'est vraiment cela qui se passe, et bien ça fait peur venant de la part d'un ado de 15 ans qui n'a même pas l'âge de jouer à ce jeu. Mais ça, ça représente bien notre monde actuel. Bref, je ne veux pas m'attarder là dessus, surtout si parmi vous, il y en a qui joue au même jeux. [...] Mes vacances ne s'annonçaient pas terribles, et bien je le confirme. Le plus dur, c'est d'être seule la plupart du temps, de voir les gens partir, et rester là, à les attendre bêtement. Hier soir, alors que je l'appelais, nous avons parlé de mes vacances magnifiquement calmes. J'en suis venu à parler du fait que je ne vois pas beaucoup mes amies pendant ces vacances. J'ai dit une phrase " oui, et aussi, les filles me manquent..." Les larmes sont montées sans prévenir. Je savais qu'elles me manquaient, mais je ne pensaient pas que ça jouaient un tel impact sur moi. J'ai si hâte de les revoir. Mais cette fois en évitant les urgences et les évanouissements. (sourire). Aujourd'hui il me reste une chose. Me raccrocher aux instants de bonheur. Des petits bouts, qui, scotchés, agrafés, patafixés ensemble, font que vous retrouvez le sourire pendant un certain temps. Tu sais, des moments parfois très courts, comme voir un français qui n'était pas du tout attendu, gagner une médaille aux jeux Olympiques, ou bien manger une glace à la vanille alors que c'est bientôt l'heure de manger. Je pense aussi à ce livre qui m'a fait pleurer comme une madeleine alors que depuis le début je n'arrivais pas à rentrer dedans. Il y a également le fait de se rendre compte que tes moules frites ne contiennent pas de crabes alors que celles de ton frères en sont pleines, ou faire des chichis maison pour le goûter. Sans oublier la satisfaction d'accomplir quelque chose que j'aurais du faire il y a longtemps en faisant ce footing, ou regarder avec fierté mon bel agenda réalisé by myself, ou encore se rendre compte qu'il y a des gens là pour nous aider (Flavie). Et puis, se réveiller, et se rendre compte qu'il dort juste à côté de toi, et qu'alors il vient te prendre dans ses bras pour t'étreindre amoureusement. Il me reste cela. Et j'y tiens très fort, car ça me permet de m'accrocher tant bien que mal. Regarder vers le haut, vers d'autres instants à grappiller. En attendant des moments de bonheur, comme celui où je vais retrouver cachou et emeuh, celui où chou va enfin revenir de vacances, celui où je vais sûrement passer la nuit chez mon pote Agatoi. Finalement, moi qui me disais être une éternelle solitaire, ce sont bien les gens autour de moi qui tiennent les ficelles de mon bonheur. Il était temps que je le comprenne.
Voilà quelques jours maintenant que j'ai acheté mes affaires scolaires, que mon agenda tout neuf est décoré. Mais voilà, j'ai pas du tout envie de commencer cette année. Les chocottes, les boules, la peur, appelez ça comme vous voulez, pour moi, c'est ma même chose.
"Services des plaintes en tout genre, Emilie bonjour !"
( je me plains oui, mais je cherche toujours le bon du moins bon)
PS: Prenez cet article pour une déclaration d'amour au bonheur, et aux gens, surtout aux gens.
Pascale Picard, "Gate 22"